Le temps
Vue de l'exposition
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Portrait de Roman Opalka, 1992-1993
Jean-Olivier HUCLEUX
Portrait de Roman Opalka, 1992-1993
Mine de plomb sur papier
191 x 151 cm
Pièce unique
Signé et daté


« L’art est long et la vie courte ».

À la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé.
Marcel Proust

Des phénomènes littéraires les plus intéressants de cette fin de siècle, John E. Jackson écrivait : « L’historien de demain, surtout s’il est un peu sociologue, retiendra peut-être l’extraordinaire vogue dont bénéficie depuis quelques années le genre de la biographie. Quand on pense que, voilà tout juste une génération, chaque page du Monde, de Libération ou du Nouvel Observateur – pour ne rien dire des revues spécialisées – proclamait, qui la mort de l’auteur, qui celle du sujet, et tous celle du moi, le retour de manivelle est brutal. À Lacan, qui n’avait que sarcasmes pour ce qui n’était pas le désêtre, à Derrida qui ne jurait que par le mouvement, anonyme bien sûr, de l’écriture, à Tel Quel qui ne retenait que le «travail du signifiant» ont donc succédé des critiques qui pratiquent un «retour à l’homme» qui semble largement débarrassé de toute mauvaise conscience. Serait-ce que le (post-)structuralisme soit resté lettre morte ? »



Les artistes réunis ici sont au cœur de cette entreprise biographique. Mais loin des futilités nombrilistes, ce qui lie et ce qui est inscrit au plus profond du travail de chacun d’entre eux, c’est le rapport au temps et plus précisément le rapport obsessionnel qu’ils entretiennent avec lui. Le temps comme « projet de vie » disait Opalka parlant de son propre travail. Jusqu’à s’y abandonner. Aussi, les oeuvres ici rassemblées de On Kawara, Jean-Olivier Hucleux, Hans Op de Beeck, Roman Opalka, Marina Gadonneix, Hiroshi Sugimoto ou encore Alighiero Boetti racontent certes le passage du temps mais surtout le temps à l’ouvrage.
La force de ces oeuvres, silencieuses et intérieures n’en est que plus prégnante.
Face au triomphe annoncé de l’oubli, via une sourde abnégation, ils opposent la mémoire et la persistance. Une victoire du souvenir et de l’être là.
Comme si face à l’obsession, la course folle et perdue d’avance à laquelle se livre Hucleux face à son dessin, ou Opalka face à sa toile, laissait place à une réconciliation avec soi-même et avec le monde, dans l’apaisement du « temps retrouvé » de l’œuvre d’art. Une manière d’être infiniment présent.

Christophe Gaillard